Augmentation du salaire minimum en Espagne : une mesure clé pour lutter contre l’écart salarial entre les sexes
L’Espagne reconnaît l’importance de l’augmentation du salaire minimum interprofessionnel (SMI) comme un levier essentiel pour lutter contre les inégalités et promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes. Cette mesure s’attaque aux causes profondes de l’insécurité économique et soutient une croissance inclusive.
C’est pourquoi, le 11 février, le Conseil des ministres, sur proposition du Ministère du Travail et de l’Économie sociale, a validé une nouvelle hausse du salaire minimum pour 2025 (Décret royal 87/2025 du 11 février). Cette décision fait suite à un accord préalable avec les principaux syndicats — les Commissions ouvrières (CCOO) et l’Union générale des travailleurs (UGT) — conclu dans le cadre d’une table de dialogue social.
Comme l’a déclaré Yolanda Díaz, vice-présidente et ministre du Travail et de l’Économie sociale :
« Le salaire minimum n’est pas qu’un chiffre ; c’est une politique publique phare pour réduire les inégalités. Il améliore la vie des gens et change des vies. »
Pour 2025, le SMI est fixé à 16 576 € bruts annuels, soit 1 184 € par mois sur 14 paiements. Cela représente une augmentation de 4,4 % par rapport à 2024 — soit 700 € de plus par an ou 50 € de plus par mois. Entre 2018 et 2025, le SMI a augmenté de 61 %, tandis que l’inflation a progressé de 23 %, ce qui se traduit par un gain de 38 % en pouvoir d’achat.
Cette mesure a eu un impact remarquable sur la réduction de l’écart salarial entre les sexes, car les femmes représentent 57 % des personnes rémunérées au salaire minimum. Les hausses successives du SMI mises en œuvre par le gouvernement actuel, combinées à d’autres politiques clés — comme la réforme du travail de 2021, qui a fortement réduit les contrats temporaires, et la réglementation du travail domestique de 2024 — ont permis de faire passer l’écart salarial entre les sexes de 21,4 % en 2018 à 17,1 % en 2024.